Faisons le point sur cette C3 WRC 2017 que l’on a pu voir évoluer pour la première fois la semaine dernière. L’équipe a donc passé 4 jours dans le sud de la France sur un terrain plutôt cassant. A l’endroit même où avait débuté l’auto précédente : la DS3 WRC. Le team a utilisé deux sites (comme en 2010) avec des caractéristiques assez proches. Le temps est resté sec même si la veille de la première journée un bel orage avait bien arrosé les sols. Mais avant Kris Meeke, c’est Alex Bengué qui avait pris place à bord de la Citroën pour une séance de déverminage à Satory le samedi. Le pilote à l’habitude de l’exercice puisque c’est lui qui vérifie que tout est OK sur les autos avant qu’elles partent sur les manches du mondial, mais cette fois c’est une toute nouvelle voiture qu’il a pu piloter.
Jeudi dernier, Kris Meeke allait pouvoir rouler avec l’auto pour la première fois. Il a suivi toute la genèse du projet à l’usine, il a même pris place dans l’auto avant le Monté-Carlo afin de positionner le baquet. Le britannique a roulé pendant 3 jours d’abord à Chateau Lastours puis à Fontjoncouse. L’équipe dit n’avoir rencontré aucun problème majeur même si le vendredi l’auto a légèrement était endommagée après une sortie de route suite à un tout droit sur un freinage manqué. Dimanche, c’est Craig Breen qui a pris la suite pour une dernière journée.
Cette C3 WRC 2017 imposante répond à la nouvelle réglementation dont les principales nouveautés sont :
- Passage de la puissance officielle de 300 chevaux à 380 chevaux avec une bride d’admission de 36mm (33mm aujourd’hui)
- Augmentation de la largeur maximales des autos de 5,5 cm ce qui permet des ailes plus volumineuses
- Liberté de règlement plus importante sur l’avant de l’auto avec la possibilité d’ajouter des éléments aéros sur les côtés à l’avant des roues
- Aileron arrière plus important
- Poids minimum réduit de 25 kg
- Retour du différentiel central piloté électroniquement alors qu’il était devenu mécanique depuis le passage au 1,6L et qu’il nécessitait un démontage pour un changement de réglages
Aussi bien pour le moteur que pour l’aéro, Citroën peut bénéficier de son expérience en WTCC. La C-Elysée que la marque aux chevrons engage pour la dernière année est équipée d’un moteur avec une bride de 36 et l’aéro est un élément majeur en circuit. L’échappement est central comme sur la WTCC et la Skoda Fabia. L’auto était équipée d’un silencieux à Satory, c’était donc la première fois que l’équipe pouvait entendre sa sonorité sur une spéciale. Et les chevaux supplémentaires, ils sont visiblement appréciés par Kris Meeke, forcément ! Un pilote ne demande que ça ! Du bord de la piste, on entend surtout le turbo qui respire bien mieux.
Du côté du staff, à la suite de départ de Xavier Mestelan-Pinon pour DS et le projet formule e, c’est Laurent Fregosi qui a été nommé directeur technique. Alexis Avril est chef de projet et l’expérimenté Didier Clément toujours à l’exploitation. Lors de prochaines étapes du développements l’équipe devrait faire également appel à Stéphane Lefebvre et Kris Meeke aimerait bien que Sébastien Loeb jette un coup d’œil à cette auto ! La suite ça sera le mois prochain en Espagne ou au Portugal sur la terre avant de travailler sur l’asphalte.
Pour l’instant, évidemment, du côté de Citroën on indique que tout va bien, on ne va pas dire le contraire ! Et sur l’aspect spectaculaire de l’auto en action sur lequel pas mal ont émis des doutes ces dernier temps, on sent les propos de Kris Meeke bien guidés par la comm.
La marque semble s’attacher à faire un bon retour en 2017 et investi dans ce sens. Sans être engagée officiellement cette année, elle va pouvoir effectuer autant de séances d’essais qu’elle le souhaite sans être limitée par les quotas que devront respecter les autres équipes excepté Toyota. L’équipe emmené par Makinen qui s’est lancée dans la reconstruction d’une auto n’a toujours pas fait rouler sa nouvelle arme, tout comme Hyundai qui ne roulera pas avant juin. Pour M-Sport ce sera encore plus tardif avec certainement des essais en juillet. Seule l’équipe VW roule depuis des mois avec son proto 2017, la version définitive ne devrait apparaitre qu’en août ou septembre.
Laurent Fregosi : « Même si on a des estimations grâce aux simulations faites sur ordinateur, on a toujours besoin de rouler pour valider la bonne marche de toutes les fonctions ou encore les températures de fonctionnement. Le retour du pilote est également important car il y a des choses que l’on ne peut pas voir sur les acquisitions de données. La plus grosse crainte, sur un premier roulage, c’est de détecter un gris souci de transmission. Si on s’est loupés sur des dimensionnements, le projet peut vite prendre du retard. »
Kris Meeke : « J’ai toujours pensé qu’il ne fallait pas que l’aérodynamique prenne trop d’importance, car le rallye ne doit pas devenir du circuit. Je crois que nous sommes à un bon équilibre et que ces voitures seront aussi excitantes à conduire qu’à regarder. Mais je pense que le facteur humain aura plus d’importance qu’à l’heure actuelle »