Voyage sarde : tests VW

Après le road-trip de 2015 jusqu’au Portugal, c’est une traversée de la méditerranée qui nous attendait cette année. Le Van des copains passe me prendre à la casa et c’est direction le port de Nice. On est pas en retard ! Notre ferry fait des ronds dans l’eau au large car un bateau de croisière ne peut pas sortir du port à cause de la grosse mer. Deux heures plus tard, ça bouge fort, mais c’est parti, direction la Sardaigne. On arrive mardi à Olbia avec du retard, on pensait faire une journée plage, mais une info de dernière minute nous parvient : ça roule un peu plus au nord, on ne sait pas encore qui. On décide de prendre la route, même si on reste dubitatif durant notre parcours. On quitte une route principale pour une petite route qui serpente dans la campagne sarde, on roule, on roule sans rencontrer grand monde jusqu’à ces quelques voitures garées à la sortie d’un virage qui nous laisse découvrir une assistance : l’armada VW est là ! C’est la Polo 2017 ! Quelques minutes plus tard, elle quitte l’assistance, on aperçoit Marcus Gronholm au volant. On se met en place sur la spéciale à quelques centaines de mettre de là. Difficile de trouver un point de vue, la spéciale serpente au milieu de la végétation sans laisser un large visuel. Les passages de la Polo s’enchainent sans être vraiment spectaculaires. Le pilotage du finlandais semble être très cool, loin du potentiel d’une telle auto. Il ne cherche certainement pas les limites lors de ces phases de développement. Avant même 18h, la séance se termine, retour à l’assistance mais l’équipage est déjà parti prendre son avion : dommage, ça sera pour une autre fois.

On reprend la route pour aller plus au sud et se mettre en place pour la deuxième journée d’essais. Dans ce secteur boisé, les pistes sont souvent barrées par des portails pour interdire l’accès et ainsi éviter les incendies, c’est ce qui nous arrive lorsqu’on veut quitter la route. On prend la carte pour contourner, un plan est échafaudé, c’est parti ! Mais après plusieurs kilomètres sur la terre, un nouveau portail nous barre la route. On trouvera finalement un emplacement près d’une chapelle à quelques kilomètres de notre destination initiale. On peut monter le camp et profiter de la soirée.

Au petit matin, le passage des camions nous réveille. Il faut plier pour rejoindre la base d’essais quelques kilomètres plus loin. L’assistance est installée près d’un poste forestier. On part directement sur la spéciale au milieu des chênes lièges en pleine exploitation. Jari-Matti Latvala ne tardera pas à faire son premier passage au volant de cette Polo 2017. On se positionne en hauteur sur ce mur, la Polo déboule, le passage est rapide, on sent toute la puissance de la bête. Plus loin, la spéciale est plus sinueuse avec des épingles, des virages plus serrés. On se place à l’extérieur de cette épingle droite : la Polo déboule, le freinage est puissant, on sent l’auto instable, prête à partir d’un côté ou de l’autre, elle enroule, les 40 chevaux de plus se ressentent nettement pour ressortir tout en glisse. Jari-Matti enchainera les runs toute la matinée avant que l’équipe ne sorte une deuxième auto en début d’après-midi. Une Polo en version 2016 est également de la partie ! L’équipage prend place et se lance dans la spéciale. Immédiatement, on sent une auto bien plus maitrisée, on sent un pilotage bien plus en confiance que le matin. Les trajectoires sont plus fluides, on se régale à voir ces passages par rapport au matin où l’on sentait une certaine retenue. Le finlandais semble se livrer beaucoup plus, on le sens même à l’attaque sur certains passages. Du bord de la route, même si l’auto est moins puissante, on préfère les runs de l’après-midi. En parallèle du développement de l’auto 2017, l’équipe prépare la Sardaigne et fait même évoluer son auto. En effet, Jari-Matti teste des améliorations pour résoudre les problèmes rencontrés dernièrement, et notamment des renforcements de l’auto.

Le lendemain, l’assistance est au même endroit, mais Sébastien Ogier utilise une spéciale un peu plus loin. La Polo effectue une liaison sur la route sur quelques centaines de mètres avant de prendre un chemin sur la gauche. Ces deux spéciales (qui n’en ont fait qu’une) on été parcourues pour la dernière fois en 2014 pendant le rallye. Cette portion utilisée par Ogier est plus étroite, plus cassante, des grosses pierres sont dans les cordes, le dénivelé est parfois important, on est vraiment sur un petit chemin et non plus sur une large piste. Dès les premiers passages, on sent que le français maitrise bien plus cette Polo 2017, c’est flagrant du bord de la route. Il semble tirer bien plus de l’auto. Cette Polo monte aux arbres !! Dans les secteurs cassants, le pilote n’hésite pas à plonger dans les cordes alors que de grosses pierres sont présentes et apparaissent de plus en plus au fil des passages. On se demande même s’ils ne veulent pas casser l’auto ! Par endroit, la moitié de la largeur du chemin est recouverte de rochers et la puissance de l’auto dans la pente ne fait qu’arracher les pierres. On est impressionné par les trajectoires sans que l’auto ne semble souffrir. Même cette lame avant spécifique 2017 tient bon le choc. Un peu plus loin, l’horizon s’ouvre un peu, on arrive dans une clairière où l’on peut observer l’auto arriver d’un peu plus loin. La Polo déboule à une vitesse ahurissante, en pleine accélération en 6 elle est chahutée par se terrain cassant, elle balance légèrement de droite et de gauche avant de se mettre en travers pour se grand gauche rapide : pfff, ça passe fort !! Quelle machine ! Dans l’autre sens, l’auto arrive tout aussi vite prend la courbe, mais une saignée en travers de la route jette l’auto ! A cette vitesse, c’est impressionnant même si le mouvement est complétement contrôlé. La fin de la spéciale est un peu plus rapide et moins cassante, plus plaisante à regarder. Les français ne feront qu’un ou deux runs avec l’auto 2016, ils étaient là pour développer la Polo de l’année prochaine. L’équipage ne tarde pas, il parait qu’on attend un évènement dans la famille Ogier !

Les locaux nous conseillent un restau pour manger une bonne pizza, ça tombe bien, c’est sur notre route pour aller sur la base d’essais M-Sport. En effet, on s’y régale, on nous offre en plus le vin et on peut faire le plein d’eau, importante pour prendre une bonne douche en fin de journée avec cette chaleur et cette poussière ! Après le ravito des hommes et du camion, direction la base d’essais, il fait déjà nuit, mais on décide de la parcourir. Le terrain est très dur, le tracé est rectiligne, mais très étroit, la végétation est très dense tout le long de la route : on est dans un tunnel de verdure du début à la fin de la spéciale. Impossible de se placer dans une telle spéciale, on décide donc de passer au plan B et de rejoindre la nouvelle base qu’utilisera le lendemain VW. On montera le camp à 2h du matin sans tarder à se coucher.

Réveillés par les camions qui s’installent juste à côté, on ne tardera pas à émerger même si la nuit fut courte. C’est Andreas Mikkelsen qui prend le relais sur cette dernière journée. La spéciale utilisée est également cassante par endroit avec quelques courtes portions un peu plus rapides, bref typiquement une spéciale sarde. Le norvégien suit un programme similaire à Latvala avec une matinée avec la 2017 puis l’après-midi avec la 2016. Les passages sont très irréguliers, mais c’est rarement la grosse attaque. Comme pour JML, on sent que la 2016 est bien plus maitrisée mais les passages ne sont pas aussi incisifs que ceux du finlandais.

L’équipe VW fini par plier tout son matériel rapidement avant de se diriger vers le ferry et rentrer au bercail alors que l’on reste sur place pour passer la nuit. Une autre équipe nous attend le lendemain…