Voyage sarde: tests M-Sport

Les sardes si sympathiques et accueillants nous ont indiqué un bon endroit pour passer la nuit non loin de l’endroit où nous nous trouvons. Nous prenons le premier chemin sur la droite en nous enfonçant dans la forêt, une clairière s’ouvre, un ou deux petits bâtiments, beaucoup d’espace au grand calme : un endroit idéal pour passer  la nuit. Il s’agit d’un aménagement autour d’une chapelle où des fêtes sont organisées. Le camp est monté, on peut passer une bonne soirée entre potes à se raconter des histoires de rallyes. Éloignés de toute activité, on peut se lever un peu plus tard, mais impatients de retrouver le team M-Sport, on ne traine pas. L’équipe a déjà roulé avec Mads Ostberg, Lorenzo Bertelli et Ott Tanak les jours précédents. En ce samedi, c’est le français Eric Camilli qui sera dans la Fiesta WRC. L’équipe a installé son assistance à l’endroit même où était le team VW la veille. Elle utilise une autre spéciale d’essais toute proche de celle du jour précédent. En fait, il s’agit de sections d’une spéciale utilisée pour la dernière fois en 2012. Les premiers enchainements sont très rapides, le chemin devient ensuite un peu plus étroit, le relief plus important, les virages plus serrés. Dans la seconde partie, les pierres sont nombreuses dans les cordes et avec la forte pente, l’auto en sort de plus en plus.

L’auto est prête à partir, l’équipage s’entretient encore avec les ingénieurs pour définir les plans du jour, on décide d’avancer sur cette spéciale et de se positionner sur ces gros blocs de granite pour avoir une belle vue. Cette Fiesta fini par arriver sur la spéciale, après un petit tour au ralenti pour prendre ses marques, c’est plein gaz ! Quel spectacle ! Grosse glisse dans les courbes, le pilote n’hésite pas à lancer l’auto, on se régale à voir passer cette Fiesta. C’est clairement le pilotage le plus spectaculaire que l’on ait vu depuis le début de la semaine. Le pilotage est généreux, jusqu’à ce gros impact entendu au loin : la Fiesta a frappé une de ces pierres enchâssées dans une corde. L’auto revient au ralenti jusqu’à l’assistance. Le break sera long, la boite est changée. Les runs reprennent peu avant la pause de midi, mais les pierres sont maintenant évitées pour éviter de nouveau dégâts. En début d’après-midi, on se poste sur ce début de spéciale rapide, d’abord à la sortie de ce droite enchainant avec un long gauche. On entend la Fiesta enquiller les 6 rapports au loin, elle approche, toujours plein gaz, ça approche, elle rentre même dans la courbe, mais c’est quand le freinage ?! Un rapport tombe enfin dans la courbe prise tout en travers, la trajectoire est élargie au maximum, ça enchaine sur le gauche : superbe ! Pow, du pilotage comme ça à grande vitesse, ça fait plaisir !

En début d’après-midi, Benjamin Veillas sent qu’une douleur dans l’épaule commence à s’intensifier. L’équipe préfère stopper sa séance afin que cela ne s’aggrave pas et qu’il puisse participer au rallye cette semaine. Eric continuera avec un ingénieur à ses côtés. Plus tard, la Fiesta effectuera 7 runs consécutifs afin de préparer la spéciale la plus longue du rallye. Une occasion pour nous d’observer les passages dans le rapide. Eric Camilli n’hésite plus à plonger dans les cordes, sympa à voir passer ! La séance ne se terminera pas avant 19h. Le lendemain, le team a terminé sa préparation par une journée avec Henning Solberg toujours sur le même site en exploitant une autre section de cette spéciale.

Pour nous, il était temps de retourner sur Olbia afin de prendre notre ferry. Une petite semaine qui est bien vite passée aux bord des spéciales d’essais avec les copains. Les sardes ont été formidables, ils ont failli nous kidnapper pour participer à une fête locale à laquelle ils nous ont tous invité. La prochaine fois, on la mettra au programme !

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